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Pourquoi mon entreprise ne marche pas ? Le diagnostic
« Mon entreprise ne marche pas » est une phrase qui cache presque toujours un seul point de blocage, pas dix. Dans la plupart des cas, la cause se trouve dans l’une de ces cinq étapes : on ne vous connaît pas assez, les gens qui vous trouvent n’achètent pas, vous gagnez trop peu sur chaque vente, les clients ne reviennent pas, ou vous manquez de temps pour tout tenir. Ce diagnostic vous aide à trouver laquelle.
Vous pouvez le faire ce soir, avec un carnet et vos propres chiffres, même approximatifs.
Les questions à vous poser
Avant de lire les détails, répondez vite à ces questions. Chaque « non » ou « je ne sais pas » indique où regarder.
- Savez-vous combien de nouvelles personnes vous ont contacté ou sont entrées chez vous le mois dernier ?
- Savez-vous d’où viennent vos clients (bouche-à-oreille, Google, passage, réseaux sociaux) ?
- Sur 10 demandes reçues, combien deviennent une vente ?
- Après avoir tout payé (achats, loyer, salaires, votre propre rémunération), chaque vente vous laisse-t-elle de l’argent ?
- Vos prix ont-ils été revus depuis plus d’un an ?
- Combien de vos clients du mois dernier étaient déjà venus avant ?
- Avez-vous plus de demandes que vous ne pouvez en traiter, ou des demandes qui restent sans réponse ?
Ces questions suivent une logique simple : votre chiffre d’affaires dépend du nombre de personnes qui vous découvrent, de la part qui achète, du montant de chaque achat et du nombre de fois où elles reviennent. Si l’un de ces éléments est faible, il tire tout le reste vers le bas.
Étape 1 : est-ce qu’assez de gens savent que vous existez ?
Si peu de nouvelles personnes vous contactent ou passent la porte chaque mois, le problème est d’abord la visibilité. Personne ne peut acheter chez vous sans vous connaître. C’est la première étape à vérifier, parce que toutes les autres en dépendent.
Les questions à vous poser :
- Quand quelqu’un cherche votre métier dans votre ville sur Google ou Maps, apparaissez-vous ?
- Vos clients actuels pourraient-ils dire en une phrase ce que vous faites et pour qui ?
- Avez-vous un moyen régulier de faire venir de nouvelles personnes, ou tout repose-t-il sur le hasard ?
Les signes : des semaines sans nouveau client, une clientèle qui ne se renouvelle pas, des gens du quartier qui découvrent votre existence après des années.
Pour aller plus loin, lisez notre guide pour trouver des clients. Si vous avez un lieu ou une zone de service, commencez souvent par optimiser votre fiche Google, que Google permet de créer gratuitement.
Étape 2 : est-ce que ceux qui vous trouvent vous contactent et achètent ?
Si vous recevez des appels, des messages ou des visites, mais que peu se transforment en vente, le problème n’est pas la visibilité. Il se trouve entre la demande et l’achat : réponse trop lente, offre floue, devis qui tarde, absence de relance. C’est souvent l’étape la plus rentable à corriger.
Les questions à vous poser :
- Combien de temps mettez-vous à répondre à un message ou à un appel manqué ?
- Relancez-vous une personne qui a demandé un devis et n’a pas répondu ?
- Un inconnu comprend-il votre offre et votre prix sans avoir à vous appeler ?
Les signes : « beaucoup de demandes, peu de ventes », des gens qui demandent le prix puis disparaissent, des devis envoyés sans suite.
Pour aller plus loin : transformer ses prospects en clients.
Étape 3 : est-ce que l’offre et le prix sont justes, et gagnez-vous de l’argent sur chaque vente ?
Une entreprise peut être pleine de clients et perdre de l’argent. Si vous travaillez beaucoup mais qu’il ne reste rien à la fin du mois, regardez vos prix et votre marge avant tout le reste. Plus de ventes avec une marge trop faible signifie seulement plus de travail pour le même résultat.
Les questions à vous poser :
- Connaissez-vous le coût réel d’une vente ou d’une prestation, en comptant votre temps ?
- Avez-vous fixé vos prix en regardant ce que coûte votre travail, ou seulement ce que font les concurrents ?
- Certains produits ou services vous prennent-ils beaucoup de temps pour très peu d’argent ?
Les signes : un agenda plein et une trésorerie vide, des remises données presque à chaque client, la peur d’augmenter les prix.
Pour aller plus loin : fixer ses prix et augmenter sa marge. Pour tout ce qui touche à la fiscalité ou à une situation financière difficile, un comptable ou l’organisme officiel de votre pays reste le bon interlocuteur.
Étape 4 : est-ce que les clients reviennent et vous recommandent ?
Si chaque mois vous devez tout recommencer avec de nouveaux clients, l’entreprise s’épuise. Un client satisfait qui revient coûte bien moins d’effort qu’un inconnu à convaincre, et il en parle autour de lui. Une clientèle qui ne revient pas signale souvent un souci d’expérience, de suivi ou simplement d’oubli.
Les questions à vous poser :
- Avez-vous un moyen de recontacter vos anciens clients (numéro, e-mail) ?
- Leur donnez-vous une raison de revenir (rappel d’entretien, nouveauté, rendez-vous suivant proposé) ?
- Que disent vos avis récents, et que ne disent-ils pas ?
Les signes : peu de clients réguliers, peu ou pas d’avis, des clients qui disent « j’avais oublié que vous existiez ».
Pour aller plus loin : fidéliser ses clients et notre guide sur les avis Google.
Étape 5 : est-ce que votre temps et votre organisation sont le goulot ?
Parfois tout fonctionne, sauf vous : trop de demandes pour une seule personne, des messages oubliés, des journées perdues dans l’administratif. Dans ce cas, chercher plus de clients aggrave la situation. Il faut d’abord libérer du temps et mettre de l’ordre.
Les questions à vous poser :
- Combien d’heures par semaine passez-vous sur des tâches qui ne rapportent rien directement (devis, relances, factures, messages répétés) ?
- Avez-vous déjà perdu une vente parce que vous avez oublié de répondre ou de rappeler ?
- Si vous tombiez malade une semaine, l’entreprise continuerait-elle ?
Les signes : fatigue permanente, retards, demandes qui se perdent entre le téléphone, WhatsApp et le carnet.
Pour aller plus loin : organiser son entreprise et automatiser les tâches répétitives.
Et si le chiffre d’affaires baisse alors que tout marchait avant ?
Une baisse après une période correcte a souvent une cause précise et récente : un concurrent qui ouvre, un changement de saison, une fiche Google modifiée, un employé parti, un fournisseur plus cher. Comparez mois par mois avec l’année précédente et cherchez ce qui a changé juste avant la baisse.
Reprenez ensuite les cinq étapes : la baisse vient-elle de moins de nouveaux clients, de moins de ventes par demande, d’un panier plus petit ou de clients qui reviennent moins ? Notre page chiffre d’affaires en baisse détaille cette recherche.
Par où commencer ?
Commencez par la première étape qui ne tient pas, dans l’ordre, même si ce n’est pas la plus visible. Ce qui se voit le plus (un site daté, peu d’abonnés) est rarement ce qui bloque le plus. Réparer l’étape 1 alors que l’étape 2 fuit, c’est remplir un seau percé.
La règle, en pratique :
- Peu de demandes : travaillez l’étape 1.
- Des demandes mais peu de ventes : étape 2, avant de chercher plus de visibilité.
- Des ventes mais pas d’argent : étape 3, avant toute chose.
- Des ventes, de l’argent, mais pas de clients fidèles : étape 4.
- Tout marche mais vous êtes débordé : étape 5.
Exemple : une boulangerie de quartier pense manquer de visibilité. En comptant, la gérante voit que le passage est correct, mais que les clients achètent peu et que deux produits phares sont vendus presque à prix coûtant. Le vrai chantier est l’étape 3, pas une campagne sur les réseaux.
Choisissez une seule étape, donnez-vous un mois, puis refaites le diagnostic.
Ce qu’il ne faut pas faire en premier
Le réflexe le plus coûteux est de dépenser pour plus de visibilité (publicité, nouveau site, agence de réseaux sociaux) avant de savoir si le problème est vraiment là. Si les gens qui vous contactent déjà n’achètent pas, ou si chaque vente vous coûte de l’argent, plus de visiteurs ne changera rien au résultat.
Évitez aussi de tout changer en même temps : nouveaux prix, nouveau logo, nouvelle offre et nouveaux horaires le même mois. Vous ne saurez jamais ce qui a marché. Et méfiez-vous des baisses de prix improvisées pour attirer du monde : elles réduisent d’abord votre marge.
Comment savoir si ça s’améliore ?
Suivez chaque semaine deux chiffres simples, notés au même endroit : le nombre de nouvelles demandes (appels, messages, visites de nouveaux clients) et le nombre de ventes. Le rapport entre les deux vous dit si l’étape 1 ou l’étape 2 progresse.
Une fois par mois, ajoutez ce qui vous reste réellement après les dépenses. Si ce montant monte, vous êtes sur la bonne voie, même si le chiffre d’affaires bouge peu. Un tableau sur papier ou une simple feuille de calcul suffit.
Si vous voulez un regard extérieur, Butter propose une première analyse gratuite : on regarde l’ensemble de votre activité et on vous envoie par écrit les priorités, y compris quand ce qui bloque n’est pas un service que nous vendons.
Questions fréquentes
Mon commerce ne marche pas, que faire en premier ?
Ne changez pas tout d'un coup. Reprenez les cinq étapes dans l'ordre : les gens vous trouvent-ils, ceux qui vous trouvent achètent-ils, gagnez-vous de l'argent sur chaque vente, les clients reviennent-ils, votre temps suffit-il. Arrêtez-vous à la première étape qui ne tient pas et travaillez uniquement sur celle-là pendant quelques semaines.
Comment savoir si mon business est viable ?
Regardez deux choses : est-ce que chaque vente vous laisse de l'argent une fois tous les coûts payés, et est-ce qu'il existe assez de clients prêts à payer ce prix. Si la réponse est non pour la première, aucun volume ne réglera le problème. Pour une décision sur l'avenir de l'entreprise, faites-vous accompagner par un comptable ou un organisme d'appui aux entreprises de votre pays.
Faut-il faire de la publicité quand on manque de clients ?
Pas en premier. La publicité amène des visiteurs, mais si ceux-ci n'achètent pas, ou si vous perdez de l'argent sur chaque vente, elle ne fait qu'accélérer la perte. Vérifiez d'abord que les personnes qui vous contactent déjà deviennent clientes et que votre marge est correcte. Ensuite seulement, payer pour plus de visibilité a du sens.